Les fonts baptismaux de l’église de Soyécourt
De la Première Guerre Mondiale, il ne restait quasiment rien de l’église Saint Martial de Soyécourt. Les ravages des batailles sur le front de la Somme n’avaient laissé que ruines et désolation. Et pourtant...

Dans les décombres on a retrouvé à peu près intacte quoique un peu rougie par le feu, mais sans être calcinée, l’intéressante cuve baptismale qui est ce que l’église possédait de plus remarquable.

Elle appartient au type si fréquent dans la contrée d’une cuve hémisphérique sur un fût cylindrique, cantonnée de quatre colonnettes. Les chapiteaux de ces colonnettes sont très évasés et formés de quatre volutes entre lesquelles se trouve une sorte de pomme de pin. A l’un deux, la pomme de pin est remplacée par un visage humain bizarrement taillé dans le triangle entre les deux volutes et la partie supérieure du chapiteau. Sur tranche de la plate bande supérieure sont sculptés en méplat des ornements formés généralement d’arcs de cercle, dont le dessin varie à chaque face. Sur une des faces, des portions de cercles de même rayon enlacées les une dans les autres forment une sorte de méandre irrégulier fort curieux mais dont il est difficile de rendre l’effet par une simple description.

Plus simplement, l’ensemble se compose d’un monolithe, d’un grain extrêmement dur, soutenu par quatre colonnes dont les chapiteaux, d’ordre composite, sont ornés de grappes de raisin : des palmes en relief sont sculptées sur les parois d’un vaste et profond bassin en forme semi-sphérique, tandis que des cordons serpentants, ou arqués, règnent tout à tour sur les entablements.

Les Fonts baptismaux de nos jours

Les cuves baptismales en gré, sommairement taillées (car le grès ne se prête pas à la sculpture) sont très courantes dans la région. Les fonts baptismaux des églises de Fay, Puzeaux et Vauvillers furent très semblables. Il y avait un atelier à Villers-Carbonnel non loin de la carrière de pierre dite du Passillon, peut-être que c’est de là que provient cette cuve ?

On peut estimer leur époque du XIIe ou XIIIe siècle.

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Les Fonts baptismaux avant 1914

Sources bibliographiques :
Georges DURAND et Camille ENLART – « La Picardie Historique et Monumentale (Canton de Chaulnes) »
Abbé Paul DECAGNY – « Histoire de l’arrondissement de Péronne »


Mise en ligne : mercredi 5 septembre 2012, par Sébastien Robit


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