Le Cresson de Soyécourt
Un cresson de qualité

Lorsqu’il apprend la vente de la cressonnière de Fonches-Fonchette, Hervé Commun, décide de se lancer un nouveau défi ; la production du cresson. Il a repris cette culture après le départ de l’ancien cressiculteur.

La cressonnière est alimentée par deux sources : la source blanche et la source noire. Ces deux sources forment la rivière : « L’Ingon ». La saison débute fin août et se poursuit jusqu’à mi-mai. Le cresson, dit de fontaine, a besoin d’eau courante, celle-ci entre donc dans le haut du bassin puis sort par le bas.


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Le semis se fait au mois de juillet. On peut réaliser 3 à 4 coupes par an. On peut garder de la saison précédente, mais les plantes jeunes sont plus agréables au goût.

La récolte n’est pas facile en hiver :
- la pousse est ralentie,
- il faut protéger les plants du gel,
- il faut remonter l’eau dans les bassins,
- l’eau courante est à 11 degrés.

L’eau est soigneusement contrôlée plusieurs fois par an et il faut la couvrir avec des bâches.

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Chaque bassin peut produire 600 à 700 bottes. La mesure d’une botte est d’environ 300g, la production est écoulée chez les grossistes, les centrales d’achat et les marchés, notamment celui de Chaulnes.

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Le cresson se cuisine en salade, une salade bien verte aux feuilles riches en fer et en vitamine. Il se caractérise par son petit goût piquant et moutardé. Il est cultivé avec beaucoup de respect et sans pesticide.

Il cultive du cresson pour se démarquer

Originaire de Soyécourt où il cultive du blé et élève des vaches, Hervé Commun s’est lancé dans la culture du cresson il y a trois ans. Une activité peu répandue, qui demande du temps et la patience.

Né de parents agriculteurs, Hervé Commun cultive la terre depuis de nombreuses années. L’exploitation familiale, basée à Soyécourt repose sur la culture du blé, de la betterave et sur l’élevage de vaches. Hervé Commun l’a vu évoluer à mesure qu’il prenait des centimètres. Passionné et convaincu, le jeune agriculteur (il est âgé de 27 ans) pense son métier sur le long terme, même si la crise refroidit ses ardeurs.

En décembre 2006, il a donc fait le pari de se lancer dans la culture du cresson. Hervé Commun ne pense alors qu’à diversifier l’exploitation de ses parents et à se démarquer : «  Il n’y a pas beaucoup de personnes qui en font, il y a moins de concurrence. Dans la Somme on n’est que cinq je crois . »

Tout est fait à la main

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Hervé Commun
14 rue de Wallieux
80200 SOYECOURT
Tél. : 03 22 84 93 79

Peu répandue, la culture du cresson demande du temps, beaucoup de temps, et de la patience. Semé de juillet à août, le cresson se développe pendant six semaines environ. La cueillette débute fin août et s’étale jusqu’à mai juin. Si le temps ne fait pas des siennes : « Cette année, avec la pluie et la neige, on a perdu deux mois de cueillette. » Tout est fait à la main, Un travail quotidien et méticuleux, une course contre la montre aussi. « Ce qu’on coupe le matin, on doit le livrer dans l’après-midi au grossistes ou sur les marchés.  » Sinon, les feuilles s’abîment et le produit ne trouve pas acheteur.

Pour l’aider dans ces tâches, Hervé Commun emploie une personne à mi-temps. Si la crise s’estompait et que les marchés reprenaient, il pourrait envisager de transformer ce temps partiel en temps complet. Mais pas d’embaucher en plus. L’activité ne serait plus rentable.

Et diversifier encore plus l’exploitation ? Sourire de l’agriculteur : « Non, là, j’ai suffisamment de travail comme ça.  » D’autant plus qu’en janvier, il a repris l’exploitation familiale.

« Ce n’est pas facile de vivre bien de son exploitation »

Alors que le salon de l’agriculture ouvrait ses portes, ce dimanche matin là, Hervé Commun confiait ses craintes pour l’avenir de ce métier.

Quel est la situation de l’agriculture aujourd’hui ?
Depuis 2 ans, depuis la crise économique, les ventes ont baissé. On voit bien que les gens font attention à ce qu’ils achètent. Quand je me suis installé, en 2006, la situation n’était pas du tout la même. On avait des revenues normaux. Aujourd’hui, c’est un calcul permanent pour diminuer les intrants, c’est-à-dire les engrais.

La crise vous a obligé à changer vos habitudes de travail...
Avant, je livrais tout moi-même. Maintenant, je livre le cresson par camion. Je gagne du temps et de l’argent.

Vous êtes inquiet pour le devenir de la profession ?
A certain moment, oui, je suis inquiet pour l’avenir. Ce n’est pas facile de vivre bien de son exploitation. Mais on n’a pas le choix, alors, on se dit que l’année prochaine, ça ira mieux. Cette année, on a perdu deux mois de cueillette, à cause du mauvais temps. Ce n’est pas évident.

Avec les élections régionales, les candidats évoquaient l’agriculture dans leur programmes. Qu’est-qu’il faudrait, selon vous, pour dynamiser la profession ?
Je n’aime pas la politique, je ne suis pas les élections. Pour que les agriculteurs vivent, il faut améliorer les prix de vente des produits. On a des primes pour compenser les prix à la chute, mais ce n’est pas normal, on devrait pouvoir vivre de nos ventes. J’ai l’impression que le blé fait comme la bourse : ça monte, ça descend. Que les politiques donnent plus aux agriculteurs, ce n’est pas la solution. J’ai toujours pensé que les aides, c’était de l’assistanat. Nous, on essaie de jouer sur la qualité pour se démarquer parce que, maintenant, les gens regardent davantage la qualité que la quantité.

Et maintenant, pourquoi pas une bonne petite soupe au cresson ?

Pour 4 personnes, il vous faudra, 1 botte de cresson, 4 pommes de terre et un peu de beurre.

Laver soigneusement le cresson. Faire fondre le beurre dans une casserole. Faire revenir le cresson. Ajouter de l’eau et les pommes de terre épluchées et laissez cuire 20 minutes. Mixez et dégustez.

Article rédigé depuis l’article du Courrier Picard du 1er mars 2010 et du bulletin municipale de décembre 2009.

Pour Contacter Hervé Commun, tél. : 03 22 84 93 79.


Mise en ligne : lundi 18 octobre 2010


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