Le bois des Satyres
Visite des champs de bataille de la guerre 14-18

A la sortie d’Estrées-Deniécourt de la N29 dans la direction d’Amiens sur 1Km environ et dans le creux de la route on se trouve sur l’emplacement du Bois des Satyres (ou du Satyre). Le bois actuel (Bois de Soyécourt) renferme encore beaucoup des plaies de la grande guerre.

Cette bande boisée traversant la large route, ancienne chaussée romaine qui va d’Amiens à Vermand, et de là à Saint-Quentin, semble résister depuis au moins 3 siècles aux champs cultivés ; certainement grâce à sa situation dans cette petite vallée.

A cet endroit de la route sur le territoire de Soyécourt et jusqu’au village de Fay, s’étendaient en 1916 les restes de bois, autrefois très touffus, qui, englobés de 1914 à 1916 dans les organisations allemandes de première ligne, avaient été couverts de retranchements de toute nature.

Vue intérieur du bois en 1916
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Vue intérieur du bois en 1916

Les Français emportèrent, dès le 1er juillet 1916, l’ensemble des bois et s’empressèrent d’en reconstituer les défenses, en les retournant contre leurs anciens occupants.

Vue du bois des Satyres depuis la route en 1916
Sous les futaies de ces bois avaient été dissimulés de nombreux pavillons et abris où séjournaient les troupes du secteur. Les officiers occupaient un quartier spécial ; un large écriteau portant l’inscription « Durchgang nur für Offiziere » en interdisait l’accès aux simples soldats.
Vue intérieur du bois en 1916
Tous les abris étaient vastes et confortables aménagés avec des meubles enlevés dans les villages avoisinants. On y trouva des lits, des tables, des fauteuils, des tentures, des suspensions, voire même des pianos. Certains des pavillons étaient extérieurement décorés, ils portaient mêmes des inscriptions comme celle gravée sur le fronton de la porte du poste de commandement.
Photo du Casino en 1916
On retrouve souvent ce pavillon dans les documents sous le nom de « Casino » ou « Kasino ».
Dessin du Casino après 1916
Sur la facade de cet abri allemand il y a des écritures :
- L’inscription allemande : « Macht Joffre auch ein böses Gesicht Hier treffen uns seine Granaten nicht »
- Sa traduction française : « Joffre a beau faire les gros yeux, ici ses obus ne nous atteignent pas »

Le confort trouvé sur place et la position d’attaque vers Estrées des premiers jours de juillet permis l’installation de Postes de Commandement de l’armée Française.

La guerre terminée, les paysages défigurés de Soyécourt devaient attendre que ses arbres repoussent. Le bois s’est reformé après de nombreuses années, seule sa géométrie s’est modifiée.

Vue du bois depuis la route en 1919

Origine du nom « Bois des Satyres »

Les soldats français appelèrent ce bois le « bois des Satyres » parce qu’ils trouvèrent dans différents endroits des vêtements féminins !

La circulation actuelle sur la Nationale 29 et l’endroit abrité donne encore souvent l’occasion de justifier ce nom. On peut juste déplorer qu’aujourd’hui, le lieu ne soit pas plus en valeur.

Vue du bois depuis la route aujourd’hui

Bibliographie et photos :
- Hebdomadaire l’Illustration
- Les batailles de la Somme 1914-1918 des Guides Michelin
- Hervé Loridant
- René Visquis


Mise en ligne : samedi 20 mai 2006, par Sébastien Robit


Forum de l'article

  • > Le bois des Satyres
    6 janvier 2010, par Trevor

    With my friend, Frank Norman, I hope to visit Soyecourt on 19 April. Are the German trenches still visible ? Are there other World War 1 remains in the area ? The article is very informative, the photos especially, but the translation into English is poor, unfotunately.

    Trevor Somerset