Le Menhir de Soyécourt
Le Grès de Soyécourt que personne ne voulait.

Face à l’indifférence et l’ignorance, les populations rurales ont détruit ces monuments légués de l’âge de pierre que l’on pouvait voir en plusieurs endroits dans notre région.

On ne peut pas déterminer avec certitude l’utilité qu’ils avaient à l’époque, mais bien des raisons militent en faveur d’une origine religieuse. L’Histoire, leur a donné de nombreux noms : grès, pierre de Gargantua, polissoir, borne, table, poteau, etc. Les causes principales de leur destruction en sont les prescriptions du clergé au cours des premiers siècles, la culture des champs et les besoins de grès pour le pavage des routes.

(Photo avant 1890)

Nous savons peu de chose sur le mégalithe de Soyécourt, probablement renversé par le clergé dans les premiers siècles de notre ère et enfoui depuis de longues années là où il a été redécouvert dans le courant du XIXe siècle. Un soc de charrue avait alors fortuitement révélé sa présence dans une pièce de terre argileuse ; il était enseveli dans un linceul de craie qui, vraisemblablement, avait été apporté en même temps que lui, à l’époque de son érection. Il gisait là dans son profond oubli, bien à l’abri depuis un temps immémorial près de la route Amiens Saint-Quentin. Ce menhir avait été déposé obliquement sur le talus de la route où il a attendu le tailleur de pavés et la Grande Guerre qui lui feront subir le pire destin alors qu’il devait être élevé comme pour défier le temps. Il a aujourd’hui disparu.

(Photo au environ de 1900. La pierre est déjà taillée.)

Les différentes marques et cupules présentes sur le menhir sont des cavités naturelles. Ses dimensions :
- Longueur : 1m89
- Largueur (la plus grande) : 0m93
- Epaisseur moyenne : 0m41

Bibliographie :
Inventaire des Monuments mégalithiques de France dressé en 1880 par la Commission de ces monuments.
Les monuments Mégalithiques de la Somme par C. Boulanger - 1900.


Mise en ligne : dimanche 23 septembre 2007, par Sébastien Robit


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